La constipation, une maladie bénigne

Ne vous inquiétez pas, la constipation n’est pas une maladie grave, mais une maladie bénigne, qui entraîne rarement des complications.

La constipation passagère disparait généralement d’elle même au bout de quelques jours, avec l’aide d’un régime alimentaire spécifique.

Cependant, si elle persiste et devient une constipation chronique, elle peut dans certains cas plutôt rares entraîner des complications. La constipation peut également être un des symptômes d’une maladie grave, comme par exemple un cancer intestinal. N’hésitez donc pas au moindre doute ou si la constipation persiste trop longtemps à consulter votre médecin.

Les complications possibles de la constipation

Les complications suivantes peuvent ainsi parfois survenir en cas de constipation prolongée :

  • ballonnements et douleurs intestinales : ce sont les complications les plus fréquentes
  • hémorroïdes : à cause de la forte pression qui règne dans le rectum, leur apparition est favorisée
  • fissures anales : en raison des selles particulièrement dures et difficiles à expulser
  • occlusion intestinale (iléus) : relativement rare, elle peut survenir chez les personnes âgées, ou affaiblies et longuement alitées, ou bien dans le cas de personnes souffrant d’un cancer intestinal où la constipation associée n’est pas correctement soignée. Cette occlusion de l’intestin est une complication qui peut parfois nécessiter une opération.
  • fécalome (accumulation et une compaction de selles sèches dans le rectum) : peut survenir là encore surtout chez les personnes âgées ou alitées
  • incontinence fécale
  • rétention urinaire

Zoom sur les principales complications locales et anales

Lorsque le transit est durablement ralenti, la sphère anale et rectale est la première mise à rude épreuve en raison des efforts répétés et de la dureté des selles :

  • La crise d’hémorroïdes : L’excès de pression veineuse provoqué par la poussée dilate les vaisseaux sanguins de l’anus, entraînant douleurs, gonflements et parfois des saignements.
  • La fissure anale : Le passage de selles très dures peut provoquer une petite déchirure de la muqueuse anale, extrêmement douloureuse lors de la défécation et créant un cercle vicieux (la peur de la douleur pousse à se retenir, ce qui aggrave la constipation).
  • Le fécalome : Il s’agit d’un véritable bouchon de matières fécales déshydratées qui se bloque dans le rectum. Incapable d’être évacué naturellement, il provoque des douleurs intenses et nécessite parfois une intervention médicale (lavement ou extraction manuelle).

Complications générales et situations à risque

Chez les populations les plus vulnérables, comme les personnes âgées, alitées ou souffrant de troubles neurologiques, les risques s’étendent au-delà du système digestif :

  • L’occlusion intestinale : C’est la complication la plus grave. Le blocage complet du transit entraîne des douleurs abdominales violentes, des vomissements et l’arrêt des matières et des gaz. Elle constitue une urgence médicale absolue.
  • L’incontinence fécale par « fausse diarrhée » : Paradoxalement, un fécalome ancien peut laisser s’écouler des matières liquides autour du bouchon fécal, provoquant des fuites incontrôlées.
  • La rétention urinaire : La pression exercée par une masse fécale importante dans le bassin peut comprimer la vessie et bloquer l’évacuation des urines.

Comment prévenir l’apparition de complications ?

Pour éviter que la constipation ne dégénère en complications, des mesures d’hygiène de vie simples doivent être adoptées au quotidien :

  • Augmenter progressivement les apports en fibres alimentaires (fruits, légumes verts, céréales complètes).
  • Maintenir une hydratation suffisante en buvant entre 1,5 et 2 litres d’eau par jour.
  • Pratiquer une activité physique régulière pour stimuler le péristaltisme intestinal.
  • Ne jamais ignorer le besoin d’aller à la selle et prendre le temps nécessaire sans forcer excessivement.