Définition de la constipation chronique

La constipation chronique se traduit par une difficulté à évacuer les selles. Les selles sont alors peu nombreuses, et généralement compactes, sèches, dures et de petit volume.

La fréquence d’évacuation de la matière fécale peut varier sensiblement selon les personnes, mais la définition de la constipation généralement retenue est : moins de 3 selles par semaine.

On parle de constipation chronique lorsque le problème de transit dure depuis plusieurs mois (au moins 6 mois), avec des symptômes plus ou moins visibles.

Pour en savoir plus, lire l’article suivant : La définition de la constipation

Statistiques sur la constipation chronique

Dans les pays occidentaux, le nombre de personnes souffrant de constipation chronique est estimé entre 3% et 5% de la population adulte.

En Amérique du Nord, selon les statistiques, 12 % à 19 % de la population serait victime de constipation chronique, enfants et adultes confondus.

Personnes à risque pour la constipation chronique

La population féminine est particulièrement touchée par les problèmes de constipation chronique, et 75% des personnes constipées (tous types de constipation confondus) seraient des femmes. Cette prédisposition des femmes aux problèmes de constipation est en partie expliquée par des causes hormonales.

La population âgée est également particulièrement sujette à la constipation chronique. Les risques de constipation augmentent fortement à partir de 65 ans, autant chez les femmes que chez les hommes.

Les enfants aussi sont fréquemment constipés, avec un pic autour de l’âge de 4 ans. La constipation touche également assez souvent les bébés, particulièrement les nourrissons qui sont nourris au biberon.

Pour en savoir plus sur les prédispositions de chacune des catégories de personnes citées ci-dessus à la constipation, lire l’article suivant : Personnes à risque les plus touchées par la constipation

Les facteurs de risque de la constipation chronique

Pour ce qui est de la constipation chronique, plusieurs facteurs de risque peuvent intervenir.

Certains sont dus généralement à une mauvaise hygiène de vie, et le risque de constipation par ces facteurs pourra être diminué en effectuant un peu de prévention de la constipation au quotidien : une alimentation déséquilibrée (particulièrement pauvre en fibres, trop grasse ou sucrée), le manque de boissons, la sédentarité, …

D’autres au contraire, qui ne sont pas dépendants d’un changement de son mode de vie, peuvent également favoriser une constipation sur le long terme : le stress, ignorer le besoin d’aller à la selle, des changements hormonaux, des maladies graves, des malformations physiques intestinales, la prise de certains médicaments, …

Pour avoir plus de détails sur ces facteurs de risque, lire l’article suivant : Facteurs de risque favorisant la constipation

Les causes de la constipation chronique

La constipation fonctionnelle

La constipation dite « fonctionnelle » regroupe toutes les causes de constipation qui ne sont pas dues à des causes organiques graves et qui ne sont pas liées à la prise de médicaments.

La constipation fonctionnelle est bénigne, c’est-à-dire qu’elle n’est pas grave et ne mettra pas votre vie en danger. Il s’agit du type de constipation le plus fréquent et le plus répandu.

Elle peut être notamment causée par des selles de mauvaise qualité (pas assez riches en fibres et en eau), une diminution de la motricité digestive (causée par l’inactivité physique et la sédentarité, ou bien une prise trop régulière de laxatifs), le stress (notamment celui lié à la défécation et le fait de se retenir d’aller aux toilettes), une mauvaise synchronisation du sphincter, etc.

Si cette mauvaise hygiène de vie ou ces facteurs psychologiques sont récurrents, la constipation fonctionnelle pourra donc bien être une cause de constipation chronique.

Pour en savoir plus sur chacune de ces causes, lire l’article suivant : La constipation fonctionnelle (ou primitive)

La constipation iatrogène

Certains médicaments peuvent être responsables de l’arrivée d’une constipation. Le terme scientifique pour désigner ce type de constipation causée par la prise de médicaments est « constipation iatrogène« . Il a été découvert que la constipation (plus ou moins grave) provoquée par certains médicaments était due à leur effet anticholinergique.

Un tel médicament possédant des effets secondaires constipants peut donc être responsable d’une constipation chronique, si ils sont pris dans le cadre d’un traitement de longue durée et que les effets secondaires sont importants.

» Pour en savoir plus, notamment la liste des médicaments à risque, lire l’article suivant : La constipation iatrogène (médicaments)

La constipation organique

Dans les cas de constipation organique, c’est le corps lui-même (les organes) qui est responsable de la cause de la constipation. Ainsi, à l’inverse de la constipation fonctionnelle, la constipation organique n’est pas due à des facteurs externes du corps  (mauvaises habitudes de vie, facteurs psychologiques, prise de médicaments…), mais bien à des causes purement organiques.

Les causes organiques, de par leur nature, sont très souvent responsables de constipation chronique.

Cela peut être par exemple la constipation réflexe à la douleur (présence d’hémorroïdes ou de fissures anales chez la personne souffrant de constipation).

Parmi les causes également responsables de constipation chronique, on peut aussi citer les lésions organiques comme le syndrome de l’intestin irritable (qui ralentit le transit et provoque la constipation), la diverticulite, Le mégacôlon (côlon trop volumineux) et le dolichocôlon (colon trop long), mais aussi des maladies plus graves infligeant des lésions organiques comme le cancer colorectal ou une occlusion intestinale.

» Pour en savoir plus sur toutes ces causes organiques, lire l’article suivant : La constipation organique

Diagnostic de la constipation chronique

Symptômes de la constipation passagère

Le principal symptôme de la constipation est celui qui constitue la définition de la constipation : des selles peu fréquentes, dures et peu abondantes.

Selon le type de constipation, les signes de la constipation peuvent être sensiblement différents :

  • constipation de transit : présence de selles dures et rares, mais sans difficulté particulière pour évacuer les selles
  • constipation terminale : difficultés à déféquer, nécessité de réaliser des efforts de poussée importants ou répétés, sensation que son rectum est rempli de matière fécale.

Dans tous les cas, la constipation passagère peut également s’accompagner de divers troubles intestinaux, tels que maux de ventre, douleurs abdominales, ballonnements, flatulences, voire spasmes ou hémorroïdes.

Pour en savoir plus, lire l’article suivant : Symptômes de la constipation

Consultation médicale pour constipation passagère

Il est impératif de consulter son médecin rapidement surtout si la constipation apparait brutalement et sans cause particulière apparente… Une consultation médicale est également absolument nécessaire si vous constatez la présence de traces de sang dans vos selles, ou si vous êtes victimes de très fortes douleurs abdominales. En effet, la constipation peut parfois être le symptôme d’un cancer de l’intestin ou du côlon.

Si les symptômes ci-dessus sont importants ou persistants, et si votre constipation passagère ne disparait pas au bout de 3 semaines, c’est qu’elle devient chronique. Consultez votre médecin pour en déterminer la cause.

D’autres signes sont à surveiller et peuvent nécessité une consultation médicale si ils apparaissent. Pour en savoir plus, lisez l’article suivant : Consultation pour constipation

Diagnostic de la constipation passagère

Lorsqu’une constipation est suspectée, la première chose à faire est de déterminer si il s’agit réellement d’un état de constipation ou juste d’un ralentissement notable du transit intestinal, mais qui n’est pas suffisamment important pour pouvoir parler de constipation. L’aspect des selles pourra notamment être apprécié pour confirmer la constipation.

Si la constipation est confirmée,  un interrogatoire précis permettra de tracer l’historique de la constipation, d’en savoir plus sur son apparition et éventuellement de détecter un facteur de risque ayant pu déclencher cette constipation (modifications de ses habitudes alimentaires, trouble psychologique, prise de certains médicaments, …).

Dans le cas d’une constipation passagère et fonctionnelle, le diagnostic se terminera ici, aucun examen complémentaire n’étant généralement nécessaire. Comme nous le verrons dans l’article consacré à la prévention de la constipation, la prescription d’un régime alimentaire adapté et la pratique d’une activité physique plus intense suffira généralement à faire disparaitre la constipation.

Si l’interrogatoire a permis de détecter une constipation iatrogène chronique (liée à la prise de médicaments à effets secondaires constipants pris sur le long terme), selon la pathologie traitée par ces médicaments, votre médecin pourra essayer d’adapter votre traitement pour atténuer la constipation induite.

Si au contraire une cause organique plus grave est suspectée, divers examens médicaux complémentaires pourront être prescrits, en fonction des symptômes détectés sur le patient : inspection de l’anus, toucher rectal, coloscopie, radiographie de l’abdomen, mesure du temps de transit…

Pour en savoir plus sur les différents examens qui peuvent être pratiqués, lire l’article suivant : Diagnostic de la constipation et examens médicaux

Complications de la constipation chronique

la constipation n’est pas une maladie grave, mais une maladie bénigne, qui entraîne rarement des complications. Si elle est chronique, elle peut dans certains cas plutôt rares entraîner des complications. La constipation peut également être un des symptômes d’une maladie grave, comme par exemple un cancer intestinal.

Pour en savoir plus sur les différentes complications possibles en cas de constipation chronique, lire l’article suivant : Complications de la constipation

Traitement de la constipation chronique

Prévention de la constipation

Il existe un certain nombre de mesures simples à appliquer quotidiennement afin de prévenir la constipation, y compris la constipation chronique. Ces quelques bonnes habitudes permettent de favoriser le transit et ainsi d’éliminer ou de réduire les risques de constipation chronique.

Voici les principaux conseils à suivre au quotidien :

  • boire beaucoup d’eau (1 à 2 litres d’eau minérale par jour), afin de ramollir les selles
  • avoir une alimentation riche en fibres (fruits & légumes frais, céréales, légumineuses, …), ce qui favorise le transit
  • faire de l’exercice (notamment les activités qui stimulent les muscles abdominaux)
  • ne pas se retenir d’aller à la selle
  • prendre le temps de manger et manger à heures fixes

Pour en savoir plus sur ces conseils, et en découvrir d’autres, lire l’article suivant : Prévention de la constipation

Traitement de la constipation chronique

Tout d’abord, il est essentiel d’adopter une bonne hygiène de vie en suivant les quelques conseils de prévention de la constipation décrits ci-dessus. Cela permettra, même en cas de constipation chronique, d’améliorer votre transit intestinal, de favoriser votre guérison et peut être d’avoir à supporter un traitement moins long et contraignant (notamment la prise de laxatifs sur le trop long terme).

Si vous avez des hémorroïdes, il conviendra tout d’abord de les traiter rapidement.

Si votre constipation est de type terminale, elle sera traitée directement par voie rectale (suppositoires, lavements et micro-lavements).

Pour en savoir plus, sur le traitement de la constipation en général, lire l’article suivant : Traitement de la constipation

Traitement de la constipation chronique par les laxatifs

En cas de constipation persistante après modification de vos habitudes alimentaires, la prise de laxatifs par voie orale pourra vous aider à traiter plus efficacement votre constipation. Leur utilisation doit être limitée et ponctuelle, car ils ont des effets secondaires non négligeables et peuvent à moyen terme devenir eux-même une cause de constipation.

Il existe plusieurs sortes de laxatifs utilisés comme traitement de la constipation :

  • les laxatifs de lest : dont le but est d’augmenter le volume des selles par l’apport de fibres (ce sont les plus doux, et ils peuvent être utilisés sur le long terme)
  • les laxatifs lubrifiants : à base d’huiles minérales, qui lubrifient les selles pour les faire glisser plus facilement dans l’intestin (à éviter sur le long terme car ils diminuent l’absorption des vitamines)
  • les laxatifs émollients : ils ramollissent les selles en favorisant l’absorption d’eau par celles-ci grâce à des composés chimiques (à éviter sur le long terme car ils contiennent des produits chimiques et peuvent causer des allergies)
  • les laxatifs osmotiques : à base de sels ou de sucres, afin d’attirer l’eau et de la retenir dans les selles pour les ramollir (le plus utilisé, non recommandé à long terme on peut entrer dans un cercle vicieux)
  • les laxatifs stimulants irritants : agissent directement sur les muscles de l’intestin afin qu’ils se contractent et fassent progresser les selles plus facilement (fortement déconseillés sans suivi médical, car ils sont très irritants pour les muqueuses de l’intestin)

Dans tous les cas, demandez conseil à votre médecin ou votre pharmacien avant d’utiliser un laxatif, ils sauront vous conseiller et vous aiguiller vers celui qui sera le plus adapté à votre cas.

Pour en savoir plus sur ces différents types de laxatifs utilisés pour traiter la constipation chronique, leur fonctionnement et leurs effets secondaires,  lire l’article suivant : Les laxatifs pour traiter la constipation